L’OIM, l’OMS et le Ministère de la santé de la RD du Congo s’unissent pour mettre fin à la propagation de l’Ebola à Kinshasa et dans les pays voisins

Kinshasa - La semaine dernière, en République démocratique du Congo (RDC), des cas d’Ebola ont été confirmés à Mbandaka, une ville d’environ 1,2 million d’habitants située à 150 kilomètres de la zone de santé de Bikoro, épicentre de l’épidémie, dans la province de l’Equateur.

Le fait que Mbandaka soit reliée par des voies fluviales à Kinshasa, la capitale de la RDC, et à d’autres villes en RDC et en République centrafricaine, alimente la crainte que le virus ne se propage davantage.

Pour réduire ce risque, l’OIM, l’organisme des Nations Unies chargé des migrations, le Ministère de la santé de RDC et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont réalisé, cette semaine, des évaluations conjointes à divers points d’entrée de la capitale afin de déterminer la solidité du système de surveillance épidémiologique. L’évaluation était centrée sur les itinéraires migratoires depuis la province touchée de l’Equateur en passant par les ports de Maluku et de Kinkole, au bord du fleuve Congo, et à la plage de Ngobila, dans la capitale.

L’équipe d’évaluation a identifié des bateaux dans les ports, qui relient souvent Kinshasa à la province de l’Equateur, s’arrêtant dans plusieurs ports et transportant quelques centaines de personnes à la fois. Les conditions sanitaires étaient très mauvaises et les examens de santé non-existants dans ces ports.

Le capitaine d’un des bateaux a confié à l’OIM que son « bateau transporte des centaines de passagers vers différentes localités le long du fleuve Congo depuis Kinshasa jusqu’à Kinsangani en passant par Mbandaka. » Et d’ajouter : « J’amène souvent des personnes depuis Mbandaka et Bikoro (épicentre de l’épidémie) qui vendent les produits de leur chasse. »

Ces évaluations, réalisées en collaboration avec le Programme national de santé aux frontières, a permis aux équipes d’intervention d’identifier immédiatement des mesures pratiques en vue de renforcer la surveillance autour de la capitale.

Ces mesures comprennent la formation, l’équipement et le déploiement d’équipes d’intervention dans les ports du fleuve, tout en menant à bien des activités de mobilisation communautaire dans les villages en amont du fleuve.

« Nous devons nous assurer que d’importantes mesures de dépistage, d’hygiène et de santé soient en place dans cet environnement où le risque de transmission est élevé », a déclaré Jean-Philippe Chauzy, chef de mission de l’OIM en RDC. « Ces ports ne répondent pas aux normes internationales d’embarquement et de débarquement et le manque de surveillance effective pourrait provoquer la découverte de cas d’Ebola à Kinshasa », a-t-il ajouté.

En date du 22 mai 2018, trois zones de santé dans la province de l’Equateur étaient concernées, notamment Bikoro, Iboko et Wangata, où 58 cas, dont 27 décès, ont été recensés.

Depuis le début de l’épidémie déclarée, l’OIM réalise la cartographie de la mobilité de population aux points de passage aux frontières et dans les zones touchées afin de quantifier et de réunir des informations sur les mouvements de population. L’OIM appuie également le déploiement d’une équipe d’épidémiologistes, de vétérinaires et de spécialistes de l’hygiène du Ministère de la santé dans les zones concernées et les zones frontalières à proximité. Ces équipes réalisent actuellement des examens de santé et déploient des activités de signalisation des risques tout en mettant en place des mesures de prévention et de contrôle de l’infection à 16 des points d’entrée principaux dans les provinces de l’Equateur, de Mai-Ndombe et de Kinshasa. L’OIM lance un appel de 1,3 million de dollars pour poursuivre et étendre son action face à l’épidémie d’Ebola.